La paix en nous et autour de nous!

Comment se comporter face à l’agitation du monde extérieur, aux tensions, aux peurs grandissantes? Comment favoriser la paix qui semble parfois lointaine? Et pourtant rien n’est aussi essentiel que cette quête de paix.

Je suis intimement convaincu que c’est avant tout en favorisant notre paix intérieur. C’est en alimentant la paix en soi que l’on pourra faire rayonner la joie et le bonheur autour de nous. Nous tous, créons le monde à travers les vibrations que nous lui offrons. Paix individuelle et paix collective sont intimement liées comme nous allons le constater. Et je me dis que parler de paix c’est déjà œuvrer dans son sens!

« La paix ne sera pas possible entre les nations tant qu’on ne sera pas convaincu que la véritable paix se trouve au coeur de l’âme humaine » Black Elk (médecin amérindien – tribu  Lakota)

Commençons en précisant que la paix n’est pas l’absence de conflit, il y en aura toujours, mais la résolution calme et mesurée des tensions principalement par le dialogue. Bien entendu, c’est un chemin de vie, parfois semé d’embûches, chacun avançant à son rythme. Mais heureusement, nous entrons dans une période de prise de conscience planétaire de ces enjeux et de nombreuses voies permettent de cheminer vers le contentement, la joie de vivre, la paix intérieure.

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Je vais développer ce thème en m’appuyant notamment sur les propos d’un docteur atypique et très drôle, Serge Marquis. Dans ces conférences et ses livres il donne de nombreuses pistes pour chasser le stress et les idées négatives et apprendre à savourer la vie.

Tout d’abord pourquoi apprendre à ralentir et apprivoiser notre stress? Trois grandes raisons:

  • Prévenir les problèmes de santé et de stress – Il y a un lien fort entre ce qui se passe dans notre tête et notre corps (voir le livre « Guérir » de Servan Shreiber). Le stress, le surmenage touche tout le monde, même les enfants avec des conséquences désastreuses. Les enfants apprennent grâce aux exemples des adultes qui les entourent. Quel modèle leur offre t-on avec nos modes de vie hyper actifs? Est-il normal qu’aujourd’hui des enfants de 7 ans soient déjà stressés, usés par leur rythme de vie?
  • Profiter au maximum de notre vie. Pratiquer la pleine conscience, être attentif au moment de joie simple de la vie de tout les jours. Par exemple, pourquoi faut il être malade pour être conscient du bonheur d’être en bonne santé? Etre attentif au moment présent est crucial. Pour cela 2 principes: Placer son attention sur une seule chose à la fois (entrainement psychique – yoga et méditation sont des outils extrêmement important). C’est aussi indispensable que l’entrainement physique pour entretenir son corps. Débrancher le mental et les pensées incessantes pour se focaliser sur les sensations, son souffle par exemple. Notre cerveau reptilien à tendance à se focaliser sur les menaces, c’est donc un entrainement pour l’orienter sur ce qui va bien!
  • Favoriser la dignité humaine (soutien, entraide, reconnaissance mutuel sont des facteurs importants pour éviter le stress). Individualisme et narcissisme renforcent le stress.

Les méthodes pour y arriver sont très simples. Par exemple s’autoriser des moments d’arrêt de temps en temps pour observer ce qui se passe dans notre tête – La vigilance nous aide à observer et à prendre du recul par rapport aux pensées incessantes, aux idées qui tournent en permanence dans nos têtes (C’est l’image donné par Serge Marquis du hamster dans sa roue) et qui trop souvent nous empoisonnent la vie. Le bonheur du moment présent est absorbé par l’activité du hamster. La bonne nouvelle c’est qu’on peut arrêter la course du hamster!

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Vigilance et attention nous permettre de ramener l’attention dans le réel,dans l’ici et maintenant. On va retrouver de la présence et pouvoir profiter du spectacle de la vie. C’est le fameux « pouvoir du moment présent » de Echart Tolle, un livre à mettre entre toutes les mains.

Sur le papier c’est hyper simple mais concrètement ça demande de l’entrainement pour créer de nouveaux réflexes. Prendre conscience qu’on a des pensées incessantes dans la tête est un  début. Ensuite on va s’entraîner, faire des efforts pour ramener notre attention à ce qu’on est en train de dire ou de faire et progressivement ça devient un automatisme. Etre dans la présence est crucial, c’est ce qui donne sa saveur à la vie.

Il ne faut pas se leurrer, créer de nouvelles habitudes de l’esprit, demande des efforts et du temps. Apprendre de manière générale demande des efforts on l’oublie trop souvent à notre époque ou l’on veut que tout aille vite. Mais si on ne bride pas nos désirs on va apprendre à ne pas renoncer et à aller au bout de ce qu’on aime. Par exemple on peut commencer chaque jour pendant 2 min avant de s’endormir par placer son attention sur la respiration sur la zone entre les lèvres et le nez.

Autre élément qui favorise la paix intérieure, c’est la question du sens! Pouvoir répondre à la question, quel est le sens de ma vie? Donner du sens à sa vie, c’est être capable d’écouter ses propres désirs, sans se laisser guider par la peur, les pressions de l’entourage. Donner du sens à ce que l’on fait permet d’affirmer que notre vie vaut la peine d’être vécue. Pour donner du sens, il faut tracer une direction avec des projets, des étapes, des résultats. On peut également se demander si l’on contribue au bien commun.

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Une grande source de stress dans notre monde actuel et qui ne favorise pas la paix est que nous voulons tout faire, tout voir, tout savoir, tout avoir, tout de suite, tout en même temps..Nous ne savons plus reconnaître nos limites ou comme le dit Serge Marquis notre « humanitude »!

On peut choisir de faire des deuils en pleine authenticité et être dans le contentement. C’est du repos pour soi et pour les autres d’être capable de lâcher prise.

2 pistes pour toucher au contentement:

  • achever quelque chose qu’on a choisi au préalable, des petites choses, y aller pas à pas pour ne pas se décourager.
  • Placer son attention sur ce qu’on est parvenu à achever et dont on est fier. (Un exercice simple est par exemple de prendre 5 minutes chaque soir pour repenser à la journée et noter 3 choses qu’on a accompli et dont on est satisfait).

« Le contentement intérieur n’est ni résignation face à la vie, ni doux rêve idéaliste. » comme le dit si bien Michel Bernard, coach et formateur. Ce sont quelques moments de présence à soi, d’auto empathie, c’est oublier ce qui nous torture l’esprit, les soucis des enfants pour les uns, d’argent pour les autres, de santé…

Autre petit exercice pour prendre du recul et tendre au contentement. Coller dans un endroit bien visible un post il avec les 2 questions suivantes et se les poser honnêtement:

  • A qui je fais du mal là maintenant?
  • Ai-je un problème en ce moment?

Le contentement intérieur est un mouvement d’abandon à la confiance en soi dans l’instant, dans l’extase devant les petits bonheur du quotidien. Et puis, Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie et philosophe nous le redit à sa manière :

 » On choisit de se mettre dans une attitude de réceptivité, recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, gratitude et jubilation »

Le contentement intérieur est cousin de cette sobriété heureuse qui fait découvrir que simplifier sa vie, contrairement aux idées reçues n’appauvrit pas mais ouvre une porte vers plus de bonheur et de paix…

En conclusion, rappelons nous que les plus grandes guerres, les plus grandes violences sont celles que l’on se fait à soi même. Chercher la paix à l’extérieur quand elle nous fait défaut à l’intérieur est stérile. Cessons de croire que le problème vient des autres. La paix dans le monde n’est possible que si l’on établit, si l’on vit la paix en nous. Prendre soin de soi, mieux se connaitre, apprendre à s’aimer aussi car plus de personnes qui s’aiment constituent une masse plus positive et bienveillante qui va contaminer son entourage.

Des activités comme le yoga, la méditation, la pleine conscience, le contentement intérieur constitue à mes yeux le préalable indispensable à la société apaisée que nous souhaitons tous. Elles alimentent de manière invisible un courant de paix, qui bien sur ne fait pas la une des médias mais agit comme un mouvement de fond planétaire qui va aller grandissant. Autre piste très intéressante, la Communication non violente (CNV) qui permet de communiquer authentiquement et de résoudre les conflits de façon saine. Je développerais ce sujet dans un prochain article.  Tout ceci constitue une démarche personnelle vers plus de conscience, pour plus de paix et d’amour en donnant l’exemple.

« On ne souhaite pas la paix, on la fait. On fait la paix, on est la paix, et on la donne aux autres. » 

Mère Térésa

 

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Le pouvoir du silence et la solitude (choisie)!

Nous avons tous besoin de temps pour réfléchir, pour prendre du recul face aux événements de la vie, pour évaluer le plus lucidement possible certains aspects de nos existences. Pour cela, il faut du calme et de l’équilibre. Hors nous vivons dans un monde de plus en plus bruyant et très sollicitant. Dans notre logement, la radio, la musique, la TV nous accompagnent quotidiennement. A l’extérieur, le bruit des voitures, des avions, des travaux publiques, la musique dans les magasins, les restaurants…sont permanents. Ce fond sonore perpétuel nous rassure mais en même temps, il coupe le lien social et crée une fatigue psychique latente.

(Crédit photo : fabolous - flickr)

(Crédit photo : fabolous – flickr)

Il est important de savoir prendre des « pauses« , de s’asseoir dans un endroit tranquille, agréable, ou l’on peut laisser voguer son esprit sans être dérangé. C’est l’une des raisons du succès des activités comme le yoga, la méditation, la marche en forêt ou encore le jardinage  qui permettent de renouer avec son  » moi  » intérieur.

Cependant, le silence peut faire peur et n’est pas toujours perçu comme bénéfique comme l’explique l’anthropologue David le Breton:

« Paradoxalement, le silencieux est vu non pas comme quelqu’un de humble mais comme quelqu’un de négatif au regard du lien social. Plus tard, j’ai participé à des groupes de réflexion entre étudiants qui consistaient à ne penser et ne parler que du moment présent. Le résultat était des moments de silence qui pouvaient durer très très longtemps. J’ai vu alors, en tant qu’anthropologue, la puissance du silence. Le silence permet de révéler beaucoup de choses, il montre notre rapport à l’autre, il montre toutes les constructions sociales dont nous sommes l’objet et auxquelles nous participons. Certaines personnes ne le supportaient pas et devaient quitter la pièce, parce que le silence les angoissait ou rappelait la mort de proches« .

Comme on peut le constater, le silence et le bruit peuvent être gênant. Le silence est aussi quelque chose de très relatif selon les personnes et les sociétés. L’important est de pouvoir choisir et d’alterner. Un autre élément est rentré dans nos vies récemment, c’est l’omniprésence du téléphone portable. On ne peut pas rester longtemps dans la rue sans croiser une personne en pleine conversation. On se donne des nouvelles en permanence sans avoir obligatoirement quelque chose à se dire, c’est plus un outil de reconnaissance social. On perd un peu de ce plaisir à se retrouver, se raconter ce qu’on a vécu, ce qu’on a ressenti. « On perd un peu de sens et d’émotion au profit de la sécurité« . David le Breton

 « La pause, elle aussi, fait partie de la musique » Stephan Zweig

Le silence dans un monde où nos sens sont constamment sollicités peut être un pur plaisir, il peut s’offrir comme un refuge. On peut même parier que sera un produit de luxe dans les décennies à venir, si ce n’est déjà le cas. Les espaces tranquilles permettent de faire fructifier et de rendre plus fécond nos pensées, nos idées. Ils permettent de retrouver de la sérénité et de la bonne humeur quand on dépasse le stade angoissant des premiers instants de silence.

Concernant la solitude, quant elle est décidé et volontaire, l’aptitude à passer du temps seul peut être une voie d’épanouissement. Mais il faut bien faire la distinction avec la solitude subie où l’isolement qui est un fléau qui touchent de plus en plus de personnes dans nos sociétés modernes ou la multiplication des moyens de communication sont trop souvent des moyens d’être seul tout en étant connecté à beaucoup de monde. Les chercheurs sont même en train d’inventer des robots sociaux, conçus pour être des compagnons pour les personnes âgées et les enfants!

De l’autre côté, nous surchargeons tous nos agendas pour ne pas se retrouver seul, face au vide angoissant de s’ennuyer, de ne rien avoir à faire ou personne avec qui discuter. C’est ce qu’exprime Matthieu Ricard ci dessous:

« N’ayant pas la capacité d’être seuls avec nous-mêmes, nous nous tournons vers d’autres personnes, non pas pour établir une relation altruiste et nous intéresser à ce qu’elles sont et à leur situation, mais pour les utiliser comme des pièces de rechange pour soutenir nos personnalités de plus en plus fragiles. Nous pensons qu’être constamment « en contact » nous fera sentir moins seuls. C’est l’inverse qui est vrai. Si nous sommes incapables d’être seuls, nous sommes beaucoup plus susceptibles de souffrir de la solitude. »

Pourquoi donc ne pas opérer un changement dans notre façon d’appréhender la solitude comme l’explique le sociologue Eric Donfu: «être seul n’est pas mauvais en soi. C’est ce qu’on en fait qui donne tout son sens à notre solitude. […] Celle-ci est bénéfique quand on l’intègre à un profond processus de changement. Car dans l’expérience solitaire, dès lors qu’on ne la fuit pas, on découvre qu’on n’est pas dénué de pouvoir. En nous dépouillant, la solitude nous incite à aller puiser dans nos ressources intérieures»

Mais se retrouver face à soi nécessite des choix courageux, il faut être prêt a écouter ses émotions, ses pensées, ses doutes,…

En matière de période en solo, le voyage tient une place de choix. En effet, de plus en plus de voyageur se lancent à l’aventure seul. Mais comme l’exprime le diction suivant « Un voyage sans rencontre est comme un conte pour enfant sans héros« , c’est triste. Heureusement, et contrairement au idées reçues, voyager seul facilite les rencontres car on n’a pas le choix, il faut affronter nos doutes, notre timidité…En voyageant seul, on se met dans une position d’ouverture et de réceptivité qu’il est difficile d’atteindre en groupe. Dans ce cas, la solitude ou la compagnie devient un choix et c’est ce qui fait la différence. Enfin, on entre également davantage en communion avec les territoires et les paysages que l’on traverse.

Apprendre à habiter notre solitude de façon volontaire me parait être un défi important pour notre développement personnel et notre capacité à habiter le monde comme des HUMAINS et non comme des zombies, simple producteur et consommateur tout au long de notre vie.

 « Tout a ses merveilles, l’obscurité et le silence aussi. » Helen Keller

Cultiver notre intériorité est crucial pour ne pas rester dans des relations ludiques, superficielles. Mais cette capacité de rester seul, quand on ne l’a pas acquis dès l’enfance, doit faire l’objet d’un apprentissage. Ce n’est pas évident, comme l’évoque la psychiatre Marie France Hirigoyen dans le très bon livre intitulé « Les nouvelles solitudes » :

« Si on supporte mal celle-ci (la solitude), c’est aussi qu’on nous a élevé dans l’idée que seul le regard d’autrui nous fait accéder à l’existence, que le bonheur affectif est lié uniquement à la présence de l’autre. Il ne faut pas confondre amour et dépendance. Pourtant, le constat est ancien, l’amour nécessite de la distance. Si l’on est trop près on ne voit plus l’autre. […] En acceptant d’aller au bout de son sentiment de solitude, on peut explorer ses ressources personnelles car c’est à travers les difficultés de la solitude que se fait l’apprentissage de l’autonomie et de l’amour de soi. »

Bien entendu l’Homme est un être social, nous avons besoin d’interagir, d’échanger avec la famille, les amis, les collègues,…c’est d’ailleurs toute la richesse de notre espèce. Mais la capacité d’être seul, nous rend plus disponible aux autres, « nous rapproche de l’amour, non pas au sens de coup de foudre passager, mais beaucoup plus d’une communion avec l’autre« . M.F Hirigoyen

Le plus beaux des voyages est en nous et à porter de chacun.