Réenchantons le monde avec les ZAD et les Oasis

Il était une fois un petit hameau Périgourdin au cœur de la Dordogne. Nous sommes en 2020 après Jésus Christ. Toute la Gaule est confinée par le gouvernement de Macronum. Toute, Non ! Un petit hameau d’irréductibles habitants résiste encore et toujours à l’envahisseur. La légende raconte que ces habitants forment une bande d’irréductibles joyeux lurons âgés de 2 à 72 ans qui n’ont peur que d’une chose, que le ciel ne leur tombe sur la tête.

Dans un 21e siècle menaçant où tout doit être normé, mesuré, homogénéisé, s’y créent de nouvelles formes de vivre ensemble et de rapport au monde. En pleine crise du coronavirus, où les questionnements existentiels ressurgissent, c’est une lueur d’espoir dans un paysage artificialisé, calibré et bétonné. Sur l’écho-hameau de la Servantie, on cohabite avec la nature, on partage des rêves et des outils. On cultive la solidarité et l’accueil, on jardine, on fait des chantiers participatifs, on s’oppose à Linky, on tisse l’osier mais aussi des liens humains…Ce n’est pas une communauté néo-hippie ou anarchiste mais des êtres humains qui ont gardé cette capacité à imaginer qu’autre chose puisse exister. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres (cf documentaire Ecovillage – en quête d’autonomie ou encore AGO).

Nous sommes entrés depuis quelques temps déjà dans un moment exceptionnel de l’histoire de l’humanité, l’Anthropocène ou Capitalocène. Notre époque engendre un questionnement implicite, pour savoir si nous allons globalement VERS LA VIE ou si nous nous acheminons collectivement VERS LA MORT. Nous sommes confrontés à la possibilité d’une mort collective autrement dit d’un suicide collectif. Ces défis à notre survie (dégradation et atteinte de limites dans tous les domaines – cf: bas de page) sont en train de nous forcer à changer de paradigme. Mais personne n’aime changer et se transformer, encore moins ceux qui ont le pouvoir. C’est pourquoi, nous restons bloqués dans une phase de déni ou dans une phase de marchandage où se multiplient les oxymores (croissance verte, développement durable, technologies intelligente,…). Oui, nos élites politiques et économiques sont particulièrement bloquées dans ces deux phases!

« Ce que la chenille appelle la mort, le papillon l’appelle Renaissance » Violette Lebon

De  nouveaux espoirs lucides sont à construire mais pour ça tout ou presque doit changer (notre système de pensée, nos façons d’agir et d’interagir, nos habitudes, notre système éducatif, notre économie, nos structures politiques et sociales, etc.) Il me semble qu’il est de notre responsabilité  de penser et d’organiser un monde en adéquation avec le vivant et de réinventer la politique (au sens de la vie de la cité) en profondeur. Ici nous pouvons alors nous questionner sur notre propre rapport et implication dans la vie politique, cette sphère de la gestion des rapports humains dans notre village/ville. Comment contribuons-nous à gérer le vivre ensemble?

« Tu ne t’occupes pas de politique, mais la politique s’occupe de toi » Rockin’Squat

Quand on pense changement de société, on pense bien sûr à l’échelle individuelle (le fameux Colibri), le socle de tout changement, mais avec un impact limité. On pense également à un niveau plus politique, aux nations, à l’Europe,… (Ils n’en font clairement pas assez et on a peu de prise sur leurs actions – cf article démocratie). On pense moins souvent à l’échelle de nos lieux de vie, de nos communautés, or c’est un levier d’action essentiel.

Partout sur cette planète des personnes essaient de créer ce monde post-capitaliste puisque que ce dernier s’effondre de toutes parts. On peut citer les ZAD (zone à défendre), les oasis, les habitats participatifs, de fermes collectives, de friches autogérées et, à une autre échelle, Auroville en Inde, les Zapatistes au Mexique, les communautés Quakers ou encore le Rojava en Syrie.

Ces lieux de vie collectifs, autonomes, écologiques et solidaires sont une merveilleuse réponse à ce que nous vivons aujourd’hui. Ils émergent dans les marges et les interstices du système dominant en crise.  Bien qu’aujourd’hui encore très minoritaires, ils représentent une vague de fond. Ils sont aussi un appel pour ce que nous voudrions vivre demain. Les oasis, Z.A.D et autres habitats participatifs ont un rôle clef à jouer – d’inspiration, d’outillage et d’espoir. Les personnes qui habitent ces zones sont bien souvent engagées sur trois fronts : résister à la destruction du monde vivant, expérimenter des façons d’habiter la Terre qui soutiennent la vie, et participer au changement de conscience de la société. C’est le grand changement de cap (the Great Turning) évoqué par Joanna Macy.

Hormis dans ces lieux, qui peut, en milieu rural, passer d’un temps de jardinage collectif, à un cours de yoga, à du tressage d’osier, à la fabrication d’un jus de pomme puis aller à la construction d’un poulailler ou d’une kerterre  pour finir par une méditation sonore ou un concert amateur en plein-air? C’est une richesse pour nos milieux ruraux délaissés par les pouvoirs publics et les grandes agglomérations.

A mes yeux,pour être vivable, la société du futur, doit être organisée par des entités plus petites et conviviales, moins dépendantes, c’est à dire plus autonomes et responsabilisées (avec l’utilisation d’outils tel que la gouvernance partagée). L’échelle communale voir infra-communale retrouve ici tout son sens. Par ailleurs, le voisinage, les villages alentours peuvent grandir en s’appuyant sur les oasis, les ZAD qui sont des catalyseurs. Ce sont des laboratoires avec des outils qui émergent, qu’on expérimente et qui servent ensuite à la société entière (voir à ce sujet les expériences qui ont été menées sur les théories du 100è singe et celle de résonnance morphique). L’inverse est vrai également, l’enrichissement va dans les deux sens. Ils n’ont pas vocation à être des modèles répliqués à l’identique ailleurs. Mais toutes les conditions sont réunies pour que de telles zones essaiment et se dressent face au monde néo-libéral qu’on nous impose. Dans ce contexte, nous pouvons consciemment participer à maintenir un conditionnement inopérant ou alors changer de cap et opérer un processus d’individuation, à condition bien évidemment de se relier à nos forces, nos ressources et notre courage, à tout ce qui sommeille en nous, parfois depuis trop longtemps. Cela n’est certes pas confortable dans un premier temps, mais les bénéfices à long terme nous entraînent dans un cercle vertueux aux effets multiples et exponentiels. 

Au-delà d’une critique en acte du mode de vie dominant et de l’individualisme ambiant, un des enjeux au sein de ces oasis est de faire baisser notre empreinte écologique et de tendre vers davantage d’autonomie (pas une autarcie, car on y tisse de nombreux liens avec l’extérieur). Pour cela on mutualise des équipements (voiture, buanderie, bibliothèque, outils de bricolage, potager collectif, chambre d’amis,…). Cela permet une baisse de la consommation d’espaces et de matériaux sans être dans une rupture globale avec le système et avec plus de souplesse. Sur ces lieux vivent des personnes qui ne sont pas dans un repli égoïste mais qui remettent en cause le système dominant et ses conséquences. De la richesse y est produite mais elle n’est pas commerciale : elle est sociale et culturelle, finalement, plus que tout, cette richesse est humaine.

Cependant, ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas uniquement de viser l’autonomie alimentaire, énergétique ou la résilience d’un lieu. Le changement ne doit pas être seulement technique et matériel. On doit incarner de nouvelles valeurs, être inspirant. L’enjeu est aussi sur le terrain des imaginaires, de la créativité pour toucher de plus en plus de gens et faire émerger de nouveaux récits communs. C’est pourquoi j’ai envie de mettre en avant ces collectifs locaux afin de susciter l’intérêt et donner à d’autres l’envie de faire vivre ces îlots de « résistance créatives ». Nous avons besoin de récits de vie partagée qui contredisent les récits du capitalisme qui ne conçoivent la vie que comme un champ de bataille de compétition acharnée.

Il est grand temps de rendre « désirables et attrayantes » ces initiatives pour montrer que c’est possible d’expérimenter un autre vivre ensemble. Où les gens passent et disent :« « Ah ! je me sens bien ici, et c’est fort. J’aimerais trop vivre comme ça.  » –  C’est le désir qui change le monde, plus que les idées, aussi belles soient-elles ». Alain Damasio

C’est par l’expérience concrète et corporelle d’un autre mode de vie qu’on peut envisager la sortie du capitalisme. « Il faut qu’on passe par des expériences de vie autre : habiter, manger, travailler, échanger autrement comme sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Éprouver au quotidien ce qu’est une économie du gratuit. Ce que c’est de s’endormir au chant des grenouilles et de se lever avec celui des moineaux. Il faut qu’on expérimente et que ça descende dans nos corps. Je crois aux imaginaires, mais rien ne remplace l’expérience réelle dans un cadre où l’on coupe son bois pour se chauffer ou faire la charpente d’un atelier commun. » Alain Damasio

Par ailleurs, il me semble qu’aujourd’hui les consciences ont évolué et divers outils ont été développés, apportant ainsi un cadre méthodologique qui manquait peut-être aux collectifs des années post-68.  En particulier par rapport au vivre ensemble et face à ce «PFH : Putain de Facteur Humain » qui malgré toute la bonne volonté du monde peut faire échouer de magnifique projet. « L’égo est le premier destructeur de valeur dans un projet«  selon Idriss Aberkane. Alors comment allez vers un autre « PFH », celui du « Précieux Facteur Humain » ?  Certaines pistes comme l’utilisation des outils relationnels, de gouvernance partagée (sociocratie), de communication non violente et d’écoute (auto-)empathique (CNV) sont explorées, pratiquées (toujours perfectibles) et permettent de traverser crises et conflits inévitables. Et c’est en traversant ces conflits que chaque membre d’une communauté arrive réellement à se connaître et à se rencontrer. L’Université du Nous fait un travail remarquable d’accompagnement de nombreux collectifs rentrant dans cette dynamique d’apprentissage et d’évolution.

Par ailleurs, il y a la mise en place d’un curseur, choisi en commun, sur ce qui est de l’ordre du privé et du collectif.  En fonction de notre histoire personnelle, de notre âge,…on est plus ou moins à l’aise dans le partage, la vie collective.  Ce n’est pas toujours évident car le collectif est un miroir qui nous renvoie des choses sur nous-même, un travail sur soi est parfois nécessaire, à condition d’être choisi pleinement. Par contre, il est évident que les moments de joie, de fête et de partage sont plus nombreux et intenses qu’ailleurs. La convivialité étant un des principaux piliers, les moments d’apprentissage du vivre ensemble évoqués ci-dessus sont majoritairement déclinés sous forme ludique.

Cette conscience et cette volonté d’un « autre monde » est autrement plus répandue dans la société qu’on ne le croit d’ordinaire. Environ 10 à 20% des Européens sont déjà entrés dans ses nouvelles valeurs (l’ouverture aux valeurs féminines, l’intégration des valeurs écologiques, l’implication sociétale, le développement personnel et spirituel) selon l’étude de Paul H. Ray concernant l’émergence des créatifs culturels. Bien entendu, il existe 10 à 20%  de conservateurs et le reste est un « ventre mou ». Et malheureusement, le conformisme des médias généralistes ne facilite pas les changements de conscience de ce ventre mou. Décoloniser l’imaginaire des représentations dominantes est un vaste programme mais les jeunes générations (Greta Thunberg en tête) peuvent être l’étincelle qui fait basculer la situation en ne se satisfaisant pas du statu quo.

Ce que j’aimerais qu’on retienne en lisant cet article c’est qu’il existe déjà des alternatives à la société du tout-contrôle, de la domination et de la séparation  qu’on accentue chaque jour et qui en outre devient anxiogène pour de nombreuses personnes. A l’inverse, il existe des chemins pour à l’inverse tendre vers un monde  « de rétablissement des connexions perdues, de réparation des communautés et de réunification à la toile du vivant. » N’hésitez pas à vous renseigner sur les lieux en lutte, sur les oasis et autres lieux de vie collectifs autour de chez vous. Aller les visitez, y passer du temps pour partager et comprendre ce qui motive les personnes qui y vivent. Ces lieux sont des catalyseurs, articulant transformation personnelle et transformation sociale. Les « défricheurs » comme les appellent Eric Dupin, loin de se voir comme des exemples à suivre ouvrent des pistes variées qui me semblent fécondes pour qui cherche à s’orienter dans un 21e siècle vertigineux.

Nous ne sommes pas condamnés à perpétuer nos vieilles habitudes, à nous conforter dans nos petits conforts. Défricher et ouvrir d’autres horizons est stimulant, cela nous rend VIVANTS.

 

Les mots de Viriginie Despentes à propos de la ZAD de Notre Dame des Landes résonnent et synthétisent mes sentiments sur le sujet : « Ils sont gardiens d’une étincelle – qui n’est pas unique, dont ils n’ont pas le monopole, mais qui est en danger, une possibilité d’autrement, d’autre chose. Une alternative. Ça évite que ne se perde complètement l’idée de résistance, l’idée d’utopie, l’idée de collectivité, l’idée de bien commun. C’est une étincelle parmi d’autres qui empêche que la nuit du totalitarisme néolibéral n’envahisse absolument tout. »

Résister et Créer, c’est le tango qui se danse sur ces lieux. « Résister à la marchandisation croissante de nos vies, de nos corps, de notre esprit est un impératif […] pour pouvoir rester en vie. Se réapproprier nos savoirs vernaculaires et en créer de nouveaux en combinant nos intelligences. Créer de la richesse véritable en harmonie avec la nature par nos activités ». Vandana shiva

Le saccage capitaliste de la nature et la pandémie que nous vivons actuellement forment à l’opposé une danse, morbide ! Attention à ce que le tango du coronavirus ne soit pas qu’un tour d’échauffement. « Si nous ne changeons pas radicalement nos modes de vie, nous risquons de subir des monstres autrement plus violents que ce coronavirus » avertit le directeur de recherche de l’INRAE Jean-François Guégan. Qui, précisément, travaille sur les relations santé/environnement.

Tout cela se joue maintenant. Ici et maintenant. A nous d’écrire la suite, ENSEMBLE…

cf : De la lithosphère (matières qui provient des sous-sols), à l’hydrosphère , en passant par l’atmosphère, la biosphère , ou encore la pédosphère (les sols). Le constat écologique de ces différentes sphères naturelles est dramatique car très dégradé ou en cours d’épuisement.

 

 

 

 

 

Pour une alimentation vivante!

SE NOURRIR!! Acte quotidien et banal pour la majorité de la population, qui en même temps cristallise les défis que l’humanité se doit de relever. C’est un acte à la fois individuel et collectif, personnel et politique,…Certaines personnes mangent uniquement pour répondre à des besoins physiologiques. Pour d’autres au contraire, c’est presque un art de vivre. Quel que soit notre approche de l’alimentation, rappelons-nous que nos actes déterminent ce que nous devenons et ce que devient le monde.

Il est clairement établi que notre régime alimentaire occidental et l’agriculture moderne qui la sous tend ont un impact négatif sur notre santé et sur notre planète. De nombreuses références existent à ce sujet, inutile  d’insister davantage sur ce point. La question qui m’intéresse est la suivante :

Et si on arrêtait de creuser notre tombe avec nos dents (s’il nous en reste !) en retrouvant une nutrition cohérente? Je souhaite mettre en lumière les comportements alimentaires que nous pouvons tous adopter si l’on désire réconcilier plaisirs de la table, santé et conscience environnementale.

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Il est intéressant de noter que la plupart des philosophies traditionnelles considèrent que l’esprit et le corps ne font qu’un. Si l’on en modifie un, l’autre s’en trouve affecté. Nous pouvons élargir ce constat aux liens qui unissent l’humanité et la terre, nous faisons partie d’un grand « tout » et chacun de nos actes à une répercussion sur l’ensemble. Agriculture, alimentation, environnement, santé physique et psychique sont intimement liés. Pour répondre sérieusement aux problèmes de la pollution causés par la nourriture, nous devons aborder ces différents aspects en même temps. Malheureusement, nos sociétés modernes l’ont bien souvent oublié, les experts et spécialistes, dans leurs domaines respectifs, n’apportent bien souvent qu’un peu plus de confusion dans nos esprits.

Tout d’abord, force est de constater que les habitudes et l’intense communication des professionnels et des politiques ne nous invitent pas à modifier nos comportements alimentaires, bien au contraire! Par exemple la viande et les produits laitiers sont toujours considérés comme bénéfiques alors que de nombreuses études ont démontré leur nocivité quand ils sont consommés quotidiennement. Nous sommes conditionnés dès notre plus jeune âge à trouver du plaisir dans une alimentation grasse, salée, sucrée. Et le conditionnement se poursuit tout le long de notre vie…

Cependant, il y a aujourd’hui une prise de conscience dans le rôle joué par l’alimentation sur notre santé. Des choix judicieux en matière alimentaire peuvent nous protéger de certaines maladies (cancer, maladie cardio-vasculaire, diabète, ostéoporose,…). Cependant, il me semble qu’il existe un risque de technicisation lié à la question de l’alimentation. Autrement dit, faut il devenir nutritionniste pour se nourrir sainement?

Je ne le crois pas, avant tout il semble crucial de retrouver notre instinct et être capable d’écouter son corps, son esprit et ses besoins. Faire preuve de bon sens, développer sa sensibilité, profiter des fruits et légumes de saisons en cueillant les aliments à portée de main est un premier pas vers une alimentation naturelle. Ecouter son corps et laissez tomber la littérature des professionnelles de la nutrition. La difficulté est de sortir de nos conditionnements et de notre éducation qui nous a habitué à trouver bon des aliments qui sans tout les additifs et les assaisonnements compliqués n’auraient aucun gout.  » Quand les gens rejetèrent la nourriture naturelle et consommèrent à sa place une nourriture raffinée (transformé), la société s’engagea sur le chemin de sa propre destruction. […] La nourriture est vie, et la vie ne doit pas s’écarter de la nature« . Masanobu Fukuoka

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Il est également important de souligner le lien qui existe entre nutrition et esprit humain. Les aliments sont directement liés à l’esprit humain et aux émotions comme l’exprime bien Claude Aubert et Nicolas Le Berre :

« Apprendre à observer le lien entre son état psychologique et énergétique et celui de son ventre est une voie de passage fondamentale vers la compréhension du bien manger et son acceptation sans contrainte, ni frustration. […] Ayons donc une observation précise mais large, à la fois physique, intellectuelle, émotionnelle, comportementale. La suppression des mauvais sucres et des mauvaises graisses suffit à changer profondément l’ambiance émotionnelle et l’attitude en cas de stress ».

La consommation excessive de protéines animales (nourriture morte) est un facteur majeur dans l’apparition des maladies des pays développées et de destruction de l’environnement. Cependant, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de supprimer totalement les produits d’origine animale de notre régime alimentaire. Les extrêmes ne sont jamais bons conseillers. De plus, les animaux ont un rôle dans le maintien en santé de notre environnement. Par exemple, ils sont importants pour entretenir l’espace et la fertilité des sols par l’apport de fumier. A mes yeux, le végétarisme et végétalisme relèvent davantage de convictions personnelles (condition animale par exemple).

Nous pouvons privilégier une alimentation à forte dominante végétale, sans exclure les produits et sous produits animaux. Pour se donner un ordre d’idée, on peut viser environ 75% de protéines d’origine végétale comme dans la plupart des modes d’alimentation traditionnels (C’est la proportion de l’île d’Okinawa au Japon, célèbre pour la proportion de centenaire en bonne santé ou encore du régime méditerranéen traditionnel).

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Enfin, ce qui compte surtout dans l’aliment n’est pas sa matière mais la vie qu’elle porte (fruits / légumes crus et de saisons par exemple), et « n’oublions pas les nourritures plus subtiles que sont l’air, la lumière, le bon commerce avec nos semblables et avec la nature, la conscience tranquille, la joie de vivre, la création altruiste, les vrais rapports amoureux, les parfums des fruits et des fleurs… » A. Saury

Un fait intéressant à ce sujet est le doublement de la ration alimentaire du Français moyen en moins d’un siècle. Nous avons beaucoup plus à manger et une nourriture beaucoup plus varié que nos ancêtres et pourtant nous leurs sommes inférieurs dans le domaine de la sensibilité, de l’intuition, de la gaieté spontanée ou encore de notre incapacité à observer simplement la beauté du monde.

Afin de conclure et élargir la question de l’alimentation, voici une citation que je trouve pleine de sens de M. Fukuoka, un des pères fondateurs de la permaculture :

« Le médecin prend soin des malades; la nature prend soin des bien-portants. On devrait vivre dans un environnement naturel afin que la maladie ne se montre pas, au lieu de tomber malade puis de s’absorber dans une alimentation naturelle pour guérir ». 

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Enfin, quelques recommandations et comportements pratiques et simples à mettre en œuvre:

– consommer des produits biologiques (qualité nutritionnelle supérieure, absence de pesticides qui pour rappel favorisent de nombreuses maladies ou anomalies (cancer, leucémie, Parkinson,…)

– Des produits complets, peu transformés et locaux. Les aliments de l’industrie agro-alimentaire sont largement dépourvus de leur valeur nutritive, en particulier des minéraux, des vitamines et des fibres utiles.

– Nos modes de vie modernes ont réduit notre temps disponible pour la cuisine, nous avons besoins d’aliments prêts à consommer. Il faut savoir que les aliments fermentés traditionnels répondent parfaitement à ce besoin. On peut citer le pain bien sur mais aussi les légumes lacto-fermentés, les fromages, les jambons crus,…les préparations maisons comme le hummus, le lobio, la pâte à dosas,..se conservent très bien.

– En achetant local, de saison et en circuit court nous sommes gagnant à tous les niveaux: Qualité gustative, teneur en minéraux et vitamines, moindre impact sur l’environnement, meilleure rémunération du producteur, lien social entre producteur et consommateur. Les AMAP* et la vente à la ferme répondent parfaitement à cette démarche.

 En complément, voici 7 règles de base qui me semblent remplis de bon sens:

– Eviter l’excès: le trop doit rester une exception

– Mastiquez, laissez au palais le temps du plaisir

– Ne faites pas de régime, faites des expériences, d’au moins trois mois, et observez la relation entre votre alimentation et votre état d’être physique et psychique

– Utilisez des matières grasses de très bonne qualité, principalement insaturées

– Limitez vous à un ou deux produits animaux par jour (viande, poisson, laitiers, oeuf, fromage)

– Buvez à votre soif, sans sucre, une bonne eau, du thé (vert de préférence), du kéfir,…

– Accordez des périodes de vacances à votre système digestif (monodiète)

 

Sources principales de l’article:

« La révolution pour un seul brin de paille » Masanobu Fukuoka

« Faut il être végétarien? » Claude Aubert et Nicolas Le Berre

http://reseau-amap.org/