A propos baptistesureau89

Je m'appelle Baptiste, Diplômé d'un Master en "Gestion durable des paysages" à l'université François Rabelais de Tours. Je me préoccupe de comprendre le monde dans lequel nous vivons au sens le plus large possible. Il me semble que les multiples crises auxquels l'humanité fait face trouvent leurs racines dans les sphères économiques, écologiques et sociétales qui elles mêmes s'entrecroisent. Je souhaite participer a mon échelle diffuser l'information et le savoir afin que chacun puisse agir en connaissance de cause. Développer le sens critique et diffuser les initiatives qui me semblent participer au développement d'un monde d'amour, de coopération, de respect, de partage...est à mes yeux une nécessité afin de faire émerger les êtres "HUMAINS" qui se cachent en chacun de nous.

Habiter le monde avec légéreté

« Je suis ronde et légère, je suis belle et modeste, je suis simple et éternelle. J’ai traversé les millénaires en restant moi même sans fléchir, solide, souple, serviable. Je sais rassembler, rassurer, protéger.

Je suis facile à vivre, facile à emmener, à déplacer, à déployer, à installer, facile à fonctionner, à remballer, à réparer.

J’ai été trouvé parfaite loin dans les âges, comme une étoile à laquelle il n’y a rien à ajouter. La lumière me traverse et je la distribue tranquillement aux âmes.

En moi les riches s’humilient, les pauvres se magnifient, les forts s’abaissent et les faibles s’élèvent, les petits se révèlent et les grands se penchent.

Ronde et légère, belle et modeste, simple et éternelle, je suis le mandala élémentaire, l’abri universel. À l’habitat ce qu’un haïku est à la poésie, sur le chemin de la vie, je suis…la Yourte! »  

Sylvie Barbe, pionnière de la vie en yourte en France

Nous voulons tous laisser une empreinte de notre passage sur Terre…et pourtant aujourd’hui il me semble beaucoup plus sage et noble d’aspirer à ne laisser que peu d’empreinte dans le paysage, voir aucune.

La trace de l’Homme sur la planète Terre, n’est pas nouvelle mais s’est aggravée considérablement depuis la révolution industrielle. Nos modes de vie occidentaux en sont responsables à commencer par nos logements très énergivores à construire puis à vivre (chauffage et climatisation). En France, les bâtiments résidentiels et tertiaires produisent 24% des émissions de CO2 et consomment 44% de l’énergie utilisée. Et pourtant des alternatives sont là, elles n’attendent que nous et un peu d’audace. Il est possible d’être heureux dans une « petite » maison confortable, chaude et écologique sans passer sa vie à la payer et sans utiliser une énorme quantité de matériaux consommateurs d’énergie et polluants (en savoir plus ici ou ici). Cependant, cela demande bien souvent d’en passer par de l’auto-construction ou de l’auto-réhabilitation ce qui implique d’avoir du temps et un minimum de compétence, ce qui n’est pas si évident! 😉

Mais comme vous l’avez compris dans cet article je souhaite évoquer la yourte. Patrimoine sacré de l’humanité, elle articule tradition et modernité, artisanat et technologies pionnières des énergies renouvelables, relocalisation des activités et réduction des pollutions à la source. Sa simplicité d’usage, son côté chaleureux et convivial m’ont tout de suite attiré. Et puis habiter en yourte, c’est accessible financièrement, c’est être en cohérence avec mes idées, se rapprocher de la nature et de valeurs simples. La maison reflète la personnalité de celui qui y vit.

Et pourtant en Occident, elle est majoritairement perçue comme une tente exotique et sympa pour y passer le weekend. J’invite d’ailleurs tout le monde à découvrir, même pour une seule nuit, l’ambiance chaleureuse qui se dégage de ce logement. En revanche les quelques « hippies » et « va nu pieds » qui souhaitent s’y installer à l’année sont vilipendés et pourchassés car ils ne rentrent pas dans les cases de l’administration. Il y a encore aujourd’hui en France un flou juridique sur l’installation des yourtes pour y vivre à l’année. Dans un pays riche comme le notre, désirer vivre simplement est difficile, on doit consommer plus pour alimenter les actionnaires du système.

« La plupart des luxes et presque tout ce qu’on appelle confort sont non seulement des choses superflues, mais d’authentiques obstacles à l’élévation de l’humanité. » Henry David Thoreau

Cependant, par nécessité ou par choix de plus en plus de personnes s’installent à demeure dans des habitats alternatifs, légers ou mobiles. Ils sont peut être les précurseurs de la société post-industrielle, ils inaugurent dans nos campagnes qui se dépeuplent un style de vie sobre, cohérent, autonome qui est amené à se développer. Bien souvent la yourte est un habitat transitoire, on n’y reste pas toute sa vie. Elle est pratique pour y vivre en attendant de rénover une maison en dur par exemple, la plupart des jeunes couples rencontrés sont dans ce schéma.

De nombreux clichés peuvent nous venir en tête quand on pense aux yourtes. Par exemple, c’est trop petit, ce n’est pas confortable, on doit avoir froid en hiver, c’est pour les marginaux, ce n’est pas solide,…mais si l’on s’y intéresse de plus près, on se rend compte que la yourte est un habitat hyper modulable qui peut s’adapter aux envies et besoins les plus variés. C’est vrai aussi bien pour le mode de chauffage, que pour la superficie, la luminosité ou encore la connexion ou non aux réseaux. Des constructeurs ont adapté les yourtes traditionnelles à l’usage, à la situation géographique et aux goûts des Européens pour obtenir des habitats écologiques, très confortables, lumineux, spacieux et solides appelés yourtes « contemporaines ». Cependant, il est important de prendre en compte certains paramètres spécifiques à la yourte (faible isolation phonique et faible inertie thermique). Appliquer les principes du bioclimatisme (choix de l’emplacement, orientation, isolation, récupération de l’eau…) apparaît fondamental pour installer sa yourte et éviter les désagréments. 

À mes yeux, la yourte est un symbole d’émancipation vers une autre société en opposition complète à l’aberration du système productiviste et consumériste. Elle interroge notre rapport à l’accumulation, à l’artificialisation des terres. Elle permet pour ceux qui le désirent d’équilibrer savoir coutumier et modernité, bon sens et audace, rêve et réalité!

Dans un contexte ou le nombre de précaire augmente régulièrement, la yourte, abordable économiquement, soit par auto construction, soit par achat à des entreprises locales, est une solution de réhabilitation de la dignité humaine, en même temps qu’un outil de responsabilisation, d’acquisition de compétence et de guérison personnelle et collective. Ces nouvelles façons d’habiter sont liées à la volonté de se loger modestement et s’accompagne bien souvent d’un désir de se nourrir sainement, de développer un mode de vie non prédateur, respectueux de l’humain, des écosystèmes et de la biosphère.

« Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre » Gandhi

Les yourtes offrent une réponse sociale, écologique, économique et immobilière, à la crise systémique dans laquelle nous sommes. C’est une réponse cohérente avec l’état du monde, et capable de satisfaire harmonieusement les droits fondamentaux de toute forme de vie.

Alors bien sûre l’idée n’est pas que tout le monde vivent en yourte, ni encore moins toute sa vie mais au moins de se questionner sur l’impact de nos logements et nos modes de vie. D’ailleurs, les alternatives au marché immobilier classique se multiplient et sont diverses, par exemple les éco-hameaux, les tiny houses, les maisons containers, les earthships, les cabanes en bois, la vie sur un voilier,…

Et si on se laissait emporter par un habitat réduit, plus léger, démontable? Dans ces logements on n’y accumule et n’y thésaurise rien, on ne leur consacre pas d’investissements importants, on se désencombre du superflu. Les peuples nomades disparaissent, mais leurs valeurs n’ont jamais été autant en vogue. La quête de la simplicité volontaire est un chemin escarpé, parfois inconfortable mais accessible par toutes les bonnes volontés à partir du moment où l’on s’accepte en tant qu’être humain avec ses contradictions, ses incohérences et dans toute sa complexité.

Nous recherchons tous la prospérité mais on l’a trop souvent confondu avec la richesse matérielle. Et paradoxalement, la sobriété qu’impose la yourte semble être une des sources d’une authentique prospérité car c’est un choix salutaire de se débarrasser de l’excessif, de se désencombrer l’esprit, de se recentrer sur ce qui fonde notre humanité!
Pour vivre heureux, vivons léger!
Voilà y’a plus qu’à passer à l’acte et à expérimenter…bilan dans dans quelques mois pour voir si mon enthousiasme n’est pas trop entamé! 😉
Publicités

L’écologie intérieure pour renouer avec le vivant!

« Que font une psychologue et un écolo quand ils décident de faire un bout de chemin ensemble? Ils parlent d’écopsychologie bien sur! »

Dans cet article, nous souhaitons faire découvrir un mouvement peu connu en Europe: l’écopsychologie. Transdisciplinaire par essence et inspiré par les peuples premiers, ce champ de recherches et de pratiques est né dans les années 90 de la rencontre entre des philosophes, des écologistes et des psychologues.

Alors que les signaux alarmants en matière environnementale sont nombreux et largement diffusés, l’humanité tarde à réagir et à faire évoluer ses comportements destructeurs. Le militantisme écologique est trop inefficace et une grande majorité d’entre nous est dans le déni. Par ailleurs, les solutions d’ordre technique qu’on nous propose sont largement insuffisantes. Pourquoi alors que « notre maison brûle », nous continuons à vivre et à penser (presque) comme avant? Pourquoi cette apathie?

L’explication est peut être donnée par un certain Albert Einstein: On ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celui qui l’a créé.

Les écopsychologues reprennent à leur compte cette citation et affirment qu’on ne pourra pas guérir la planète sans évolution de la conscience humaine. Ils estiment qu’il existe un effet miroir entre notre psyché et l’état de notre environnement, des liens entre le mal-être des humains (dépressions, addictions, perte de sens, burn-out) et l’environnement pollué. 

« La pollution physique a un préambule: la pollution morale. Toute pollution est projection. Avant de souiller les nappes phréatiques, d’abattre les arbres, de stériliser la terre, l’homme a tari les sources vives de son inconscient, scié ses axes de références, asséché sa créativité. Le refus de la nature, c’est celui de sa nature » Jean Biès, philosophe

Un changement radical de rapport entre l’Homme et le monde vivant est indispensable mais cela est complexe car des freins psychologiques plus ou moins inconscients existent et sont puissants. Nous véhiculons, à notre insu, tous les conditionnements psychologiques de notre société. L’enjeu est de sortir du déni et de l’impuissance en articulant l’écologie « extérieure » (les éco-gestes, les normes environnementales…) avec une écologie « intérieure » (transformer nos sentiments de peur et d’impuissance, (ré)intégrer les dimensions spirituelles, culturelles et redécouvrir la nature comme dimension de notre identité et de notre inconscient).Notre époque est excitante car nous sommes en train de changer de cap à tous les niveaux. Les bouleversements planétaires actuelles invitent à nous questionner sur ce que nous sommes en tant qu’être humain et notre rôle sur cette Terre. En tant que jeunes parents, nous avons envie de croire que nous vivons les prémisses d’un grand tournant, d’une société de croissance industrielle autodestructrice à une société au service de la vie. Cependant rien n’est écrit d’avance, quelle histoire l’humanité choisira t’elle d’écrire?

Selon la philosophe et écopsychologue Joanna Macy, l’humanité est à la croisée des chemins. Elle a un choix à faire entre 3 histoires:

  • Continuer d’aller vite avec le « business as usual » avec l’illusion que la technologie arrivera à résoudre les problèmes. C’est le scénario du déni.
  • La grande désagrégation face aux catastrophes en cours avec un sentiment d’impuissance, de peur et de découragement.
  • Le grand tournant, où nos sociétés s’orientent vers un modèle qui respecte et honore la vie fondé sur des relations plus équilibrées avec le monde vivant.

Plus qu’un « message écolo » parmi d’autres, l’écopsychologie aspire à aller beaucoup plus loin que le simple éveil des consciences. Elle explore l’individu en profondeur pour lui faire comprendre que son bien-être est intimement lié à celui de la planète et vice-versa. Elle offre des pistes, théoriques et pratiques, pour une reconnexion en profondeur de tout notre être avec la « toile de la vie ». Elle se veut un antidote radical à la tromperie générale et collective de notre société de croissance industrielle.

« Le consumérisme est d’ordre structurel, nous l’avons intégré dans notre inconscient, au plus intime de notre être » selon le sociologue Michel Maxime Egger. C’est pourquoi il est difficile d’en sortir malgré une foule d’informations rationnelles qui nous démontre chaque jour la nocivité et la stupidité de nos modes de vie occidentales.

Dans notre culture Judéo-chrétienne, la nature est donnée à l’homme pour la faire prospérer. Descartes renforce cela en évoquant l‘homme comme « maître et possesseur de la nature ». Elle est en dehors de nous, elle est à notre service (vision utilitariste et gestionnaire: nature exploitable, terrain de jeux, de ressourcement,…). Heureusement, ce rapport au monde n’est pas universel. Chez de nombreux peuples premiers, cette idée de séparation avec la nature n’existe pas : on fait partie de la nature, elle est une mère et on n’éventre pas sa mère. Il y a une révérence forte à l’égard de la nature parce qu’on en fait partie. Le monde occidental en se privant de la dimension spirituelle et de l’intelligence de la nature s’est fourvoyé. Cependant, il ne s’agit pas de sacraliser la nature au détriment d’êtres humains comme c’est le cas dans certains projets de parcs naturels.

« Dis-moi comment tu vois la nature et je te dirai comment tu te comportes à son égard » Serge Carfantan

Notre lien fondamental avec la nature est notre unité avec elle, car, en réalité, il n’y a pas de séparation. La terre se comporte comme un ensemble géant qui s’autorégule (hypothèse Gaïa de Lovelock). Finalement, on arrive à dire scientifiquement que, oui, la terre est vivante et que tout est lié.  Dès lors, comment retourner vers la nature sans la faire reculer et vivre en harmonie avec elle? Des signaux faibles émergent, par exemple,  les « bains de forets », les stages d’immersion dans la nature, de permaculture, se multiplient, des documentaires comme « Demain » sont acclamés. Les écoles dans les bois  ou encore les cures de désintox en nature se développent. Ils nous semblent que notre société moderne « est en quête de nouveaux modèles de relations entre l’homme et la nature sans tomber dans l’animisme ni renoncer à la science.» 

Afin d’aborder le défi écologique de façon radicalement nouvelle et poser les bases d’une réconciliation avec le vivant, l’écopsychologie nous invite à voir, vivre et agir autrement avec davantage de responsabilité. Pour reprendre la synthèse du psychothérapeute Andy Fischer, voici ses 4 axes de déploiement:

  • Une tâche philosophique pour sortir des dualismes (bien/mal; corps/esprit; femme/homme). Elle propose un rééquilibrage entre rationalité, émotions, intériorité et une nouvelle forme de connexion et d’appartenance au monde.
  • Une tâche psychologique pour passer du moi égocentré au soi écocentré, en réintégrant la nature dans la psyché humaine.
  • Une tâche pratique pour offrir des ressources éducatives, sensorielles et thérapeutiques permettant à la personne d’être à l’écoute de ses émotions et de retisser des liens profonds avec la nature, mais aussi avec les autres êtres humains et avec elle-même.
  • Une tâche critique pour s’opposer aux structures socio-économiques du capitalisme à travers des actions directes (occupation, boycott, sabotage, grève, blocage) et déployer des alternatives respectueuse du vivant.

De façon concrète, l’écopsychologie ou écothérapie consiste à recréer le lien avec la nature, car il est maintenant reconnu que celle-ci apporte à l’Homme la sensation d’harmonie et d’équilibre ainsi qu’une plus grande stabilité émotionnelle et physique. Des ateliers de groupes avec des exercices pratiques basés notamment sur le « Travail qui relie » de Joanna Macy se développent. Le processus se déroule en 4 temps et sur plusieurs jours:

  • S’ancrer dans la gratitude – nous nous ouvrons à l’émerveillement devant la beauté et l’intelligence du vivant. En nous ouvrant à la gratitude, en étant dans le moment présent nous faisons aussi un acte révolutionnaire face à une société de consommation qui se fonde sur la création de besoins à jamais insatisfaits.
  • Reconnaitre notre peine pour le monde – nous exprimons notre sensibilité à des situations qui vont au-delà de notre sphère privée et ainsi notre appartenance à un système plus vaste, en relation avec la communauté des êtres vivants sur Terre.
  • Changer de perception – appartenance mutuelle nous fait naturellement ouvrir sur le monde un nouveau regard, dans lequel les êtres ne sont plus séparés mais en interconnexion radicale.
  • Aller de l’avant – participation au changement de cap, vers une société qui soutient la vie. C’est le moment d’identifier nos dons, nos talents, nos ressources et aussi de trouver les appuis et le soutien nécessaires en tissant un réseau de personnes, acteurs engagés et éclairés.

Les méthodes utilisées dans le travail qui relie se fondent en grande partie sur l’expérimentation et font appel à toutes les dimensions de l’être : le conceptuel, l’émotionnel, le spirituel, le corporel et l’engagement dans l’action. Des processus interactifs (travail sur les émotions, travail créatif en petits groupes, exercices psycho-énergétiques) alternent avec des pratiques spirituelles (méditations guidées et rituels inspirés de différentes traditions). L’approche corporelle et sensorielle complètent des apprentissages conceptuels (l’intelligence du vivant, théorie des systèmeshypothèse Gaïa). L’expérience directe avec la nature accompagnée de temps de silence et de solitude permet de réveiller nos sens et de renoncer aux barrières que nous avons dressées entre nous et le monde. Ce sentiment de connexion est nécessaire pour l’élargissement de notre conscience et notre épanouissement.

Exemples d’exercices: Vous êtes assis au calme dans un endroit ou vous vous sentez bien, prenez une feuille et un stylo et poursuivez cette phrase: « Ce que j’affectionne particulièrement dans ce monde c’est……. » Se rappeler ce que nous aimons dans le monde sous-tend notre motivation à le protéger.

Un autre exercice est le «mandala de la vérité». En cercle, chacun est libre d’exprimer tantôt sa tristesse, sa peur, sa colère, ou son sentiment d’impuissance. Sans chercher à consoler celui ou celle qui s’exprime, les autres participants l’écoutent, et reconnaissent ainsi l’existence de ces émotions comme «légitime».
Ou encore marcher simplement pied nus sur l’herbe ou en foret en restant attentifs aux sensations.  Cela reconnecte votre système nerveux avec la nature et vous replace en harmonie avec elle. N’oubliez pas, « Vous êtes l’univers qui prend la forme d’un être humain pour un court instant. » Eckhart Tolle
_
L’écopsychologie peut nous aider à façonner ce nouveau paradigme en faisant descendre les informations rationnelles du mental vers le ressenti. Elle nous aide à retrouver notre courage et la solidarité nécessaire pour incarner la transition vers une société qui soutient la vie. Joanna Macy à l’habitude de dire « Croire en soi-même est l’acte politique le plus subversif qui puisse être ».

L’idée est de nous aider à sortir de la matrice « producteur/consommateur » à travers une meilleure compréhension de nos propres actions au sein des logiques socio-économiques et redonner du sens à nos vies.

Pour ceux et celles qui voudraient creuser le lien entre écologie, transition, spiritualité et humanisme, une courte vidéo de l’écopsychologue Mohammed Taleb:

Par ailleurs, il ne faudrait pas voir les crises écologiques comme étant uniquement un problème psychologique et culpabiliser l’individu.  Les modes de consommation reposent certes sur des envies individuelles illimitées mais il est aussi le résultat d’une société de marché et de choix politiques qui stimulent ce genre de comportements. Nos relations mortifères avec le vivant sont aussi largement liées à des structures socio-politico-économiques qui favorisent la destruction de la Terre, les inégalités et la division des êtres humains. 

L’horizon de l’écopsychologie est de participer à ce changement de cap sur le plan individuel ET collectif. Ses pratiques de reconnexion avec le vivant ouvrent sur un engagement social et politiqueL’auto-critique individuelle est couplée à une critique radicale du système socio-économique en place. Transformer notre conscience et la société vont de pair. L’enjeu consiste dans un même mouvement à s’opposer à notre civilisation industrielle tout en façonnant les bases d’une humanité écologiquement responsable. Naturellement, des ponts sont à créer avec d’autres acteurs tels que les villes en transition, la permaculture, les monnaies locales, l’économie sociale et solidaire, Alternatiba, les écolieux, etc. Les stages d’écopsychologie pratique proposent aussi un temps d’élaboration d’un projet personnel qui vise, une fois rentré chez soi, à devenir acteur du changement social.

«Nous vivons un des changements les plus fondamentaux de l’histoire : la transformation du système de croyances de la société occidentale. Aucun pouvoir politique, économique ou militaire ne peut se comparer à la puissance d’un changement au niveau de notre esprit. En changeant délibérément leur image de la réalité, les hommes sont en train de changer le monde». Willis Harmann

En guise de conclusion, on peut dire qu’en matière d’environnement la situation est catastrophique mais pas inéluctable. Aujourd’hui, la question n’est pas d’être optimiste ou pessimiste pour l’avenir. Il est nécessaire d’allier lucidité et espérance dans un même mouvement.

L’humanité est capable d’opérer cette mutation de conscience. L’avenir est encore entre nos mains mais face à l’urgence collective, seule une approche holistique (esprit et matière) sera pertinente et efficace. Les dimensions écologiques, psychologiques, émotionnelles, spirituelles, culturelles, politiques sont toutes aussi cruciales les unes que les autres pour (re)trouver une relation de réciprocité avec la nature et notre nature.

« L’être humain devient pleinement Humain n’ont pas quand il s’adapte à un progrès, aux lois du marché ou à d’autres être humains, mais quand il s’accorde à l’Humain profond enfoui  en nous tous, quand il s’accorde au Soi universel de l’humanité, quand il s’accorde à la Terre et au Cosmos, à l’Infiniment grand comme à l’Infiniment petit. » Bernard Boisson

Et vous quelle histoire choisirez-vous de vivre? (cf. Joanna Macy)


Stages d’écopsychologie:

Il existe des possibilités de stages au coût variable. Certains animent des stages d’écopsychologie pratique sur la base d’une participation libre et consciente (le coût de l’hébergement dépend du lieu), telle l’association Terr’éveil qui propose en France et en Belgique des stages de 4 jours selon ces modalités ou l’association Pôle Sud, qui organise des stages de 3 jours en Suisse sur ce même principe ainsi que des soirées mensuelles d’initiation. D’autres animent des stages de 2 jours, tels Jean-Pierre Le Danff ou l’association des Roseaux dansants.

Et pour aller plus loin avec Joanna Macy 

Baptiste et Vaiana