Aux armes (financières) citoyens!

Le fameux adage « L’argent est le nerf de la guerre » est d’une actualité toujours brûlante et nous sommes nombreux à en être conscients. Pourtant, peu d’entre nous s’intéresse réellement à ce fameux nerf. On nous fait croire en permanence que l’économie ce n’est pas pour nous, qu’on ne peut pas comprendre ce gros mælstrom qu’est le marché, la finance, la banque, la monnaie. Or ce sont notre travail et notre consommation qui créent de la valeur, et derrière, c’est notre argent qui fait tourner tout ça.

En 2007-2008, une crise financière majeure voit le jour et visiblement ces conséquences nous affectent encore et ce n’est pas fini. Rapidement, les banques et marchés financiers sont reconnus comme les principaux coupables. Cette crise financière s’est ensuite rapidement propagée et transformée en crise des Etats via la dette. Nous en subissons aujourd’hui de plein fouet les conséquences avec les fameuses politiques d’austérité imposée par ses mêmes marchés financiers…Cherchez l’erreur !

Depuis, aucune véritable réglementation n’a vu le jour pour éviter que de tels effondrement se reproduisent. En effet, des organismes (fonds spéculatifs) gagnent des sommes d’argent colossales en pariant sur l’effondrement de telles banques, telles monnaies et même sur la faillite de pays,…Les lobbies de la finance sont tellement puissants qu’il semble qu’aucune loi puissent voir le jour pour « responsabiliser » la finance et le monde bancaire.

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Les acteurs politiques ne sont plus en mesure de reprendre le contrôle sur les responsables de la situation économique et financière actuelle pour une raison très simple. Aujourd’hui, pour se faire élire lors des élections, il est nécessaire de faire des campagnes électorales qui coûtent excessivement cher. Bien entendu, ce sont les organismes financiers et riches donateurs qui se chargent de financer les candidats qu’ils veulent voir élus. Ensuite, il est logique qu’une fois au pouvoir les hommes politiques ne « mordent pas la main qui les nourrit », l’intérêt général n’est pas la priorité. Le mécanisme d’élection actuel est au service du monde de la finance et donc des plus riches. Pour certains, nous en sommes réduit à élire nos maîtres! Ce n’est pas la démocratie, c’est ce qu’on appelle la ploutocratie.

 « L’être humain est né pour être aimé et les biens matériels, fabriqués pour être utilisés. Si le monde est à l’envers, c’est parce que les biens matériels sont aimés et les humains utilisés. »                                                                                                          Auteur inconnu

Cet article ne vise pas à faire un rapport à charge supplémentaire contre les banques « classiques », des documentaires comme « L’Etat et les banques, les dessous d’un hold-up historique » ou « moi, la finance et le développement durable » le font très bien. Je souhaite montrer qu’il existe des alternatives de plus en plus crédible et simple d’accès. Aussi fou que cela puisse paraitre, c’est à nous d’imposer des limites. Nous avons les capacités de changer les choses !

En temps que citoyen, il est important de savoir comment est utilisé l’argent qu’on place dans les institutions bancaires. Car il faut rappeler que l’argent que l’on dépose à la banque ne dort pas. Souvent, il va servir des projets que, si on nous demandait notre avis, nous refuserions de financer ! On peut donner en exemple le cas de l’ONG « Handicap International » qui un jour à réalisé que sa propre banque finançait des entreprises qui fabriquaient des mines anti-personnel…On est tous actionnaires quelque part, et on ne le sait pas. Il est temps de mettre notre nez dans leurs affaires pour comprendre à quoi les banquiers « jouent » avec notre argent. Car si leur puissance est immense, les banques et les « marchés financiers » n’existent que grâce à chacun de nous, à notre confiance et notre épargne. Cependant, pas question de garder notre argent sous le matelas, les banques sont utiles. Voici quelques pistes pour ne plus contribuer au casino financier.

Tout d’abord, il existe des banques « alternatives », plus responsables comme le Crédit coopératif et la Nef pour la France. Dans un second temps, j’évoquerais les monnaies complémentaires qui se développent de plus en plus.

Ces deux établissements bancaires se démarquent en matière d’éthique de gestion des fonds. C’est  à dire qu’elles disent de façon transparente à qui elles prêtent, combien, pourquoi,…

Par exemple, la Nef publie chaque année la liste précise des investissements réalisés avec l’argent de ses clients. Il s’agit à 100% de projet d’utilité sociale et/ou environnementale. Les associations, les entreprises en création, les projets d’agriculture biologique, les énergies renouvelables, l’éco-construction et les activités sociales en sont les principaux bénéficiaires. Le second point intéressant concernant la Nef est qu’elle appartient à ses clients qui sont tous sociétaires, dans le respect du principe coopératif « 1 homme = 1 voix » afin d’orienter les investissements et politiques de leur banque de façon démocratique. Enfin, elle ne pratique pas le commissionnement de ses conseillers clientèles contrairement à toutes les autres banques.

Le crédit coopératif, bien que membre du groupe BPCE qui fait l’objet de nombreuses controverses, reste assez exemplaire sur un certain nombre de ses politiques. Il propose notamment aux particuliers de choisir la destination des fonds déposés sur leur compte à vue : « pour la planète », « pour une société plus juste » et/ou « pour entreprendre autrement ». Elle associe également le plus possible les réseaux de l’économie sociale et solidaire dans son instance de direction et sa politique du crédit.

Ces 2 organismes proposent des  fonds de développement visant à permettre l’émergence de projets d’intérêt général où l’argent n’est qu’un moyen. Le site financeresponsable.org ou jechangedebanque.org vous donneront des infos supplémentaires pour choisir votre banque en toute conscience.

La société civile peut et doit se réapproprier le système bancaire afin de réorienter radicalement son mode de fonctionnement pour participer activement aux décisions majeures qui déterminent notre avenir.

En ce qui concerne les monnaies locales ou monnaies citoyennes, l’enjeu est à la fois différent et totalement complémentaire avec le développement des banque « alternatives ». Elles permettent de contourner la crise, de se libérer du système financier classique et de retrouver un lien humanisé dans l’échange marchand.

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Mais alors comment ca marche ? Une fois la monnaie mise en place, les particuliers peuvent acheter des bons d’achat en monnaie locale (1€ = 1 unité de monnaie locale). Puis, « elles permettent d’acheter des biens et des services auprès de membres d’un même réseau, des particuliers et des commerçants, des entreprises, des agriculteurs, etc. tous agréés. Un peu à la manière des cartes de fidélité, elles fonctionnent avec des adhérents, en circuit délimité. »                                       Pascal Garcia de Global Magazine

Les euros convertis en monnaie locale constituent un fonds de garantie et sont le plus souvent placés dans une banque éthique comme la Nef ou le Crédit Coopératif. Ainsi, monnaie locale et banque éthique travaillent ensemble et permettent même de créer une sorte de boucle vertueuse.

Les fondateurs de ces monnaies parallèles les veulent porteuses d’une économie fondée sur des valeurs écologiques et sur le renforcement de coopérations territoriales.

Créer une monnaie locale dans sa ville ou son village permet de :

  • Dynamiser les échanges locaux, les petits commerces de proximités,…car la validité de la monnaie est limitée à un territoire.
  • Maintenir les emplois dans le territoire et éventuellement en créer de nouveaux.
  • Favoriser les échanges entre citoyens car la monnaie est un symbole identitaire fort. Ainsi, le fait de se retrouver autour d’un système d’échange commun créé de la cohésion et favorise les liens sociaux.
  • Réduire l’impact écologique car les circuits courts sont privilégiés.

Source : Mouvement Colibris

Bien entendu, la réalisation de ce type d’initiative ne se fait pas du jour au lendemain. La patience est de mise car entre l’idée et l’instauration effective, il peut se passer du temps. Il faut constituer un noyau dur de fondateurs motivés puis rédiger une charte, définir le cadre légal ainsi que le fonctionnement de la monnaie puis préparer la communication et la promotion de celle-ci… Cependant, il semble que le « jeu en vaut la chandelle » car ces dernières années, elles prospèrent partout en France et dans le monde. Ils existent également des structures comme http ://transversel.org qui peuvent aider à la création de monnaies locales.

En conclusion, la question du sens me semble fondamentale. L’argent n’est pas une fin en soi mais ce n’est pas  non plus un outil à diaboliser. Il faut simplement le remettre à sa juste place, c’est-à-dire au service de l’échange de biens et services entre des êtres humains. Par ailleurs, les banques « alternatives » et les monnaies locales ne sont pas une mode pour bobos branchés, elles ont déjà une longue histoire derrière elles et la crise que l’on traverse les fait simplement ressurgir. A mes yeux, ce sont 2 outils intéressants qui permettent de redonner du sens à la monnaie, de se réapproprier l’économie afin de la rendre plus humaine et peut être même d’ouvrir une réflexion plus philosophique:

« Quel est le besoin ou le désir ? Que cherche-t-on à exprimer à travers sa réalisation ? A quoi contribue-t-on ? Quel est l’impact sur la nature et les ressources ? Existe-t-il des alternatives ? », demande Philippe Derruder dans son ouvrage Les Monnaies locales complémentaires : pourquoi, comment ?

PS: Ci dessous ma version financière de notre hymne national

La Marseillaise (financière) 

  A vous client de la finance                                                                                                     Le jour du change est arrivé                                                                                                 Contre nous de l’argent-roi                                                                                               L’étendard de l’espoir est levé

Aux armes (financières) citoyens                                                                                          Changez l’économie                                                                                                        Pensons, Pensons                                                                                                              Qu’une monnaie saine                                                                                                              Abreuve nos cantons

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Une réflexion au sujet de « Aux armes (financières) citoyens! »

  1. BONJOUR BAPTISTE,NOUS ESPERONS QUE TU VAS BIEN,POUR NOUS SA VA.TOUJOURS AUSSI RICHE ET JUDICIEUX TES ARTICLES.JE VIENS DE LIRE CELUI DU JOUR ET JE LE TROUVE TRES INTERESSANT ET RICHE;COMME A L’ACCOUTUMEE,CONTINU DANS CETTE VOIE.BON COURAGE A TOI ET A BIENTOT DE TE LIRE.SALUT.

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