Pour une alimentation vivante!

SE NOURRIR!! Acte quotidien et banal pour la majorité de la population, qui en même temps cristallise les défis que l’humanité se doit de relever. C’est un acte à la fois individuel et collectif, personnel et politique,…Certaines personnes mangent uniquement pour répondre à des besoins physiologiques. Pour d’autres au contraire, c’est presque un art de vivre. Quel que soit notre approche de l’alimentation, rappelons-nous que nos actes déterminent ce que nous devenons et ce que devient le monde.

Il est clairement établi que notre régime alimentaire occidental et l’agriculture moderne qui la sous tend ont un impact négatif sur notre santé et sur notre planète. De nombreuses références existent à ce sujet, inutile  d’insister davantage sur ce point. La question qui m’intéresse est la suivante :

Et si on arrêtait de creuser notre tombe avec nos dents (s’il nous en reste !) en retrouvant une nutrition cohérente? Je souhaite mettre en lumière les comportements alimentaires que nous pouvons tous adopter si l’on désire réconcilier plaisirs de la table, santé et conscience environnementale.

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Il est intéressant de noter que la plupart des philosophies traditionnelles considèrent que l’esprit et le corps ne font qu’un. Si l’on en modifie un, l’autre s’en trouve affecté. Nous pouvons élargir ce constat aux liens qui unissent l’humanité et la terre, nous faisons partie d’un grand « tout » et chacun de nos actes à une répercussion sur l’ensemble. Agriculture, alimentation, environnement, santé physique et psychique sont intimement liés. Pour répondre sérieusement aux problèmes de la pollution causés par la nourriture, nous devons aborder ces différents aspects en même temps. Malheureusement, nos sociétés modernes l’ont bien souvent oublié, les experts et spécialistes, dans leurs domaines respectifs, n’apportent bien souvent qu’un peu plus de confusion dans nos esprits.

Tout d’abord, force est de constater que les habitudes et l’intense communication des professionnels et des politiques ne nous invitent pas à modifier nos comportements alimentaires, bien au contraire! Par exemple la viande et les produits laitiers sont toujours considérés comme bénéfiques alors que de nombreuses études ont démontré leur nocivité quand ils sont consommés quotidiennement. Nous sommes conditionnés dès notre plus jeune âge à trouver du plaisir dans une alimentation grasse, salée, sucrée. Et le conditionnement se poursuit tout le long de notre vie…

Cependant, il y a aujourd’hui une prise de conscience dans le rôle joué par l’alimentation sur notre santé. Des choix judicieux en matière alimentaire peuvent nous protéger de certaines maladies (cancer, maladie cardio-vasculaire, diabète, ostéoporose,…). Cependant, il me semble qu’il existe un risque de technicisation lié à la question de l’alimentation. Autrement dit, faut il devenir nutritionniste pour se nourrir sainement?

Je ne le crois pas, avant tout il semble crucial de retrouver notre instinct et être capable d’écouter son corps, son esprit et ses besoins. Faire preuve de bon sens, développer sa sensibilité, profiter des fruits et légumes de saisons en cueillant les aliments à portée de main est un premier pas vers une alimentation naturelle. Ecouter son corps et laissez tomber la littérature des professionnelles de la nutrition. La difficulté est de sortir de nos conditionnements et de notre éducation qui nous a habitué à trouver bon des aliments qui sans tout les additifs et les assaisonnements compliqués n’auraient aucun gout.  » Quand les gens rejetèrent la nourriture naturelle et consommèrent à sa place une nourriture raffinée (transformé), la société s’engagea sur le chemin de sa propre destruction. […] La nourriture est vie, et la vie ne doit pas s’écarter de la nature« . Masanobu Fukuoka

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Il est également important de souligner le lien qui existe entre nutrition et esprit humain. Les aliments sont directement liés à l’esprit humain et aux émotions comme l’exprime bien Claude Aubert et Nicolas Le Berre :

« Apprendre à observer le lien entre son état psychologique et énergétique et celui de son ventre est une voie de passage fondamentale vers la compréhension du bien manger et son acceptation sans contrainte, ni frustration. […] Ayons donc une observation précise mais large, à la fois physique, intellectuelle, émotionnelle, comportementale. La suppression des mauvais sucres et des mauvaises graisses suffit à changer profondément l’ambiance émotionnelle et l’attitude en cas de stress ».

La consommation excessive de protéines animales (nourriture morte) est un facteur majeur dans l’apparition des maladies des pays développées et de destruction de l’environnement. Cependant, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de supprimer totalement les produits d’origine animale de notre régime alimentaire. Les extrêmes ne sont jamais bons conseillers. De plus, les animaux ont un rôle dans le maintien en santé de notre environnement. Par exemple, ils sont importants pour entretenir l’espace et la fertilité des sols par l’apport de fumier. A mes yeux, le végétarisme et végétalisme relèvent davantage de convictions personnelles (condition animale par exemple).

Nous pouvons privilégier une alimentation à forte dominante végétale, sans exclure les produits et sous produits animaux. Pour se donner un ordre d’idée, on peut viser environ 75% de protéines d’origine végétale comme dans la plupart des modes d’alimentation traditionnels (C’est la proportion de l’île d’Okinawa au Japon, célèbre pour la proportion de centenaire en bonne santé ou encore du régime méditerranéen traditionnel).

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Enfin, ce qui compte surtout dans l’aliment n’est pas sa matière mais la vie qu’elle porte (fruits / légumes crus et de saisons par exemple), et « n’oublions pas les nourritures plus subtiles que sont l’air, la lumière, le bon commerce avec nos semblables et avec la nature, la conscience tranquille, la joie de vivre, la création altruiste, les vrais rapports amoureux, les parfums des fruits et des fleurs… » A. Saury

Un fait intéressant à ce sujet est le doublement de la ration alimentaire du Français moyen en moins d’un siècle. Nous avons beaucoup plus à manger et une nourriture beaucoup plus varié que nos ancêtres et pourtant nous leurs sommes inférieurs dans le domaine de la sensibilité, de l’intuition, de la gaieté spontanée ou encore de notre incapacité à observer simplement la beauté du monde.

Afin de conclure et élargir la question de l’alimentation, voici une citation que je trouve pleine de sens de M. Fukuoka, un des pères fondateurs de la permaculture :

« Le médecin prend soin des malades; la nature prend soin des bien-portants. On devrait vivre dans un environnement naturel afin que la maladie ne se montre pas, au lieu de tomber malade puis de s’absorber dans une alimentation naturelle pour guérir ». 

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Enfin, quelques recommandations et comportements pratiques et simples à mettre en œuvre:

– consommer des produits biologiques (qualité nutritionnelle supérieure, absence de pesticides qui pour rappel favorisent de nombreuses maladies ou anomalies (cancer, leucémie, Parkinson,…)

– Des produits complets, peu transformés et locaux. Les aliments de l’industrie agro-alimentaire sont largement dépourvus de leur valeur nutritive, en particulier des minéraux, des vitamines et des fibres utiles.

– Nos modes de vie modernes ont réduit notre temps disponible pour la cuisine, nous avons besoins d’aliments prêts à consommer. Il faut savoir que les aliments fermentés traditionnels répondent parfaitement à ce besoin. On peut citer le pain bien sur mais aussi les légumes lacto-fermentés, les fromages, les jambons crus,…les préparations maisons comme le hummus, le lobio, la pâte à dosas,..se conservent très bien.

– En achetant local, de saison et en circuit court nous sommes gagnant à tous les niveaux: Qualité gustative, teneur en minéraux et vitamines, moindre impact sur l’environnement, meilleure rémunération du producteur, lien social entre producteur et consommateur. Les AMAP* et la vente à la ferme répondent parfaitement à cette démarche.

 En complément, voici 7 règles de base qui me semblent remplis de bon sens:

– Eviter l’excès: le trop doit rester une exception

– Mastiquez, laissez au palais le temps du plaisir

– Ne faites pas de régime, faites des expériences, d’au moins trois mois, et observez la relation entre votre alimentation et votre état d’être physique et psychique

– Utilisez des matières grasses de très bonne qualité, principalement insaturées

– Limitez vous à un ou deux produits animaux par jour (viande, poisson, laitiers, oeuf, fromage)

– Buvez à votre soif, sans sucre, une bonne eau, du thé (vert de préférence), du kéfir,…

– Accordez des périodes de vacances à votre système digestif (monodiète)

 

Sources principales de l’article:

« La révolution pour un seul brin de paille » Masanobu Fukuoka

« Faut il être végétarien? » Claude Aubert et Nicolas Le Berre

http://reseau-amap.org/

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