Le vélo…un peu, beaucoup, passionnément, à la folie!

Si « l’unité dans la diversité » devait être la devise de l’Homme, je dirais qu’elle prend tout son sens quand on se déplace quotidiennement dans une ville en vélo. En effet, on croise des personnes de toutes les tailles, tout les formats, toutes les couleurs, tout les styles mais avant tout unis par ce merveilleux outil qu’est la petite reine! Je souhaite évoquer le vélo non pas sous l’angle du sport ou du loisir mais davantage son usage modeste, quotidien qui s’accompagne d’un véritable style de vie!

Il est rapide mais également non-polluant, peu cher, bon pour la santé…le vélo a beaucoup d’atouts que je vais étayer pour donner envie d’enfourcher une bicyclette dès que possible  !

« La vélocipédie est plus qu’un sport, c’est un bienfait social  » Giffard

Apprendre à faire du vélo est peut être d’une importance aussi importante que l’usage de l’écriture ou la lecture. Les premiers tours de roues s’accompagne d’une jouissance, d’une liberté aussi agréable que l’évasion que l’on rencontre dans un bon livre. Et chose étonnante, de nombreux adultes ne savent pas faire de vélo.

Le vélo est un objet idéal pour changer de paradigme et cristallise à mes yeux les nombreux bénéfices que nous pouvons retirer en nous dirigeant vers la sobriété heureuse. Sa force, pour l’individu, réside dans sa simplicité, le « prolongement métallique de notre squelette » selon Alfred Jarry, sa facilité d’utilisation, son faible coût aussi bien à court qu’a long terme. Pour la communauté humaine, ses avantages sont bien entendu un impact carbone quasi nulle, autrement dit rendre nos villes plus respirables, moins stressante et agressive. De plus, à pied, en vélo, nous ne sommes pas enfermé dans un habitacle, on se croise, on se regarde, on se salue, on peut même échanger des sourires et discuter! Les transports doux favorise le « vivre ensemble« .

« Longtemps classé objet du pauvre, le vélo est devenu l’objet du riche ou du bobo, mais c’est en réalité l’outil qui permet de redevenir autonome« . Olivier Razemon 

Voici des chiffres qui pourront surprendre mais que n’importe quel utilisateur régulier de vélo vous confirmera instinctivement. Jusqu’à 6 km, le vélo est plus rapide que la voiture en ville : un cycliste roule en moyenne à 15 km/h contre 14 km/h pour une voiture ! Il peut constituer une réponse pragmatique, efficace et économique à une part des défis des déplacements de nos concitoyens. En effet, en 2012, 50 % des déplacements de moins de deux kilomètres se font en voiture en France.

A titre de comparaison, 40% des déplacements se font en vélo à Amsterdam. 40% des habitants utilisent le vélo comme moyen de transport principal. En France, les villes les plus avancées (Strasbourg, Paris, Avignon…) en sont à peine à plus de 10%. Les Français parcourent en moyenne 75 km à vélo par an, les Allemands et les Belges sont autour de 300 kilomètres. Les Danois, quant à eux, dépassent les 900 kilomètres. Nous avons une marge de développement importante en France et c’est ce que soutiennent de plus en plus d’élus comme le prouve l’extrait ci dessous écris conjointement: 

« C’est […] le défi du pouvoir d’achat. Le budget « transports » est aujourd’hui en 2e position dans le budget des ménages et des familles. L’usage régulier du vélo fait partie des réponses fortes et durables quant au pouvoir d’achat de tous nos concitoyens.

C’est également le défi de la santé. A l’heure où plus de 15 % des Français souffrent de maladies liées à l’inactivité (obésité, diabète, maladie cardio-vasculaire), le vélo au quotidien, en tous cas régulier, est source de bienfaits en terme de santé publique et ouvre un champ d’économies réelles dans le financement de la protection sociale. Face à la pollution de l’air et aux dégâts sanitaires issus des particules fines des moteurs diesel, l’usage du vélo contribue à l’amélioration nécessaire de la qualité de l’air. D’après le ministère de la santé, le vélo contribuerait à une économie annuelle de 5 milliards d’euros pou le budget de la protection sociale.

C’est le défi de l’énergie. Du pétrole inépuisable et bon marché nous sommes passés à une énergie rare et chère. L’usage du vélo facilite la transition dans les modes de déplacement tout en diminuant notablement la facture énergétique. C’est aussi le défi de l’espace. Les aménagements pour les vélos (pistes, cheminements, stationnement…) ne requièrent que peu de notre espace, denrée de plus en plus rare dans nos villes et nos territoires. De plus ils sont peu coûteux comparativement aux budgets des infrastructures routières et autoroutières ».

Alain Jund, Catherine Hervieu, Rudy L’Orphelin et Clément Rossignol

Pour revenir sur l’aspect santé, en plus de nous maintenir en forme, un autre chiffre étonnant est à évoquer. Nous sommes moins exposer à la pollution que dans un espace confiné comme l’habitacle de la voiture. « Contrairement aux idées reçues, l’exposition à la pollution est 2 à 3 fois plus faible qu’en voiture (5,9 mg/3 d’exposition au monoxyde de carbone à vélo contre 14,1 en voiture)« . Source: ADEME

De plus en matière d’emploi, des études ont montré qu’il y’a un potentiel important comme l’exprime Amélie Dumoulin du réseau L’Heureux cyclage: « Il existe 70 ateliers-vélos participatifs et solidaires en France en progression avec 30000 utilisateurs, 80 salariés et 1 million de bénévoles. Preuve que le vélo est bien l’outil d’une redynamisation de l’économie locale et de quartier. Les Français ont 26 millions de bicyclettes. 1,5 million de vélos finissent à la casse chaque année, le recyclage et le réemploi des pièces constituent un réservoir d’emplois à activer. »

Le vélo est avant tout un objet utilitaire. Il donne une image jeune, dynamique aux villes ce qui est important à l’époque du marketing territorial. La relocalisation des activités est également une nécessité, en réimplantant des services de proximité par exemple, afin de favoriser l’utilisation des transports doux (vélo, marche à pied,…). C’est la ville dans son ensemble qu’il faut repenser pour être pertinent sur la place du vélo dans nos vies. Une politique spécifique doit s’appliquer pour développer les transports doux, mais ce n’est pas tout. Il faut que cela soit accompagné par une réduction de l’utilisation de l’usage de la voiture et cela est plus difficile à mettre en avant par les élus. Nous sommes tous responsable de nos vies et de nos villes, nous avons le pouvoir de favoriser la « vélorution ».

Velorution

Pour repenser la manière de vivre en ville, les gestes individuels doivent être accompagner d’une politique volontariste et réaffecter une part des budgets consacré à l’automobile aux aménagements cyclable et réaliser des incitations fiscales pour favoriser l’achat et l’utilisation du vélo au quotidien. Avec comme objectif de favoriser les filières locales de conception, fabrication et entretien des vélos. Certains évoquent même une refonte du code de la route afin de favoriser les usagers les plus vulnérables de l’espace public (piéton et cycliste).

Ci dessous, la bande annonce d’un film qui vise, à travers l’humour, à démocratiser l’utilisation du vélo et à en faire un compagnon de route naturel.

Pour finir sur une note poétique, on peut dire que se déplacer en vélo, c’est être accompagné du vent, des odeurs de la terre et du bitume après une averse par exemple, et d’un sentiment de liberté incomparable. Le silence qui l’accompagne peut rajouter à la magie de l’instant. Il y’a dans le vélo une sorte de relation animale au monde, la montagne est une montée, les côtes sont des défis, des doutes. A son sommet, la montagne est une conquête, elle est en nous, on vit le paysage!

PS: Pour les plus intéressé, un lien radiophonique et un documentaire enrichissant – http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-de-la-creation-en-roue-libre-2013-02-05

– http://vimeo.com/65131629